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Le Front des migrants réussit à mobiliser

par Richard BOUDES (7/03/2010)

A l’appel du Forum gardois des migrants, une centaine de personnes a manifesté hier matin devant les grilles de la préfecture pour réclamer la régularisation globale des sans-papiers, dénoncer leur « criminalisation », les « arrestations au faciès » et réclamer un moratoire sur les reconduites à la frontière.

Une délégation a ensuite été reçue par le directeur de cabinet du préfet.

Une centaine de personnes, cela ne paraît pas très lourd, mais pour les organisateurs - ce Front des migrants de récente facture, monté dans la dynamique des grèves de travailleurs sans-papiers de Paris ou Marseille - cette mobilisation sans précédent depuis près d’un quart de siècle était perçue comme une réussite.

Dans les rangs des manifestants, des militants de gauche (NPA, PCF, Alternatifs), de la CGT, d’associations telles la Cimade ou RESF.

Et puis, surtout, des migrants, en situation régulière mais aussi sans-papiers et donc potentiellement expulsables. Pour ces derniers, forcément, un tel acte au grand jour, « ce n’est pas simple, car ce sont souvent des gens dans la clandestinité depuis des années », observait Jelloul Ben Hamida, porte-parole du Forum gardois des migrants.

Michel Tavernier, de RESF, se félicitait à son tour « que les personnes concernées se prennent en charge elles-mêmes, c’est important ».

Tel ce Marocain de 37 ans, ouvrier agricole au noir depuis 10 ans dans le Gard, qui ne supporte pas d’être perçu « comme un voleur » : « Moi, je suis un travailleur comme les autres. »

Non loin de lui, Mohamed Amani, titulaire d’un titre de séjour renouvelable de dix ans, est un opposant au régime tunisien qui a trouvé refuge en France.

Il est là par solidarité et, lui dont le cas politique a reçu l’aval de l’administration française en 2008, revendique à l’enseigne des sans-papiers la régularisation globale : « Par principe, car les personnes devraient avoir la liberté de bouger et de choisir le pays où ils veulent vivre. Le monde est ouvert pour les capitaux mais instable pour les êtres humains. A un moment donné, tout un chacun peut se retrouver un jour dans la peau d’un migrant. »

Fadoua Biyi, mère de famille d’origine marocaine, est là pour son mari « qui est au centre de rétention administrative depuis le 22 février. Il a été contrôlé par la police devant chez nous. Nous avons deux enfants de 3 ans et de 11 mois. Et c’est pour cela que le juge des libertés et de la détention l’a libéré avant que le préfet ne fasse appel. Il risque d’être reconduit à la frontière très bientôt. C’est injuste et inhumain ».

Solidaire   M.Ammmami
Rassemblement   Devant la préfecture de Nîmes

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